Mardi poésie chez Lady Marianne : thème libre

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LADY MARIANNE

NUIT D’ÉTÉ

PAR ANNE HÉBERT

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La ville entière dans sa clameur nocturne
Déferle en lames sonores

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Passant par les hautes fenêtres de la canicule
La basse des rockeurs accompagne sourdement
Le
Salve
Regina des
Intégristes

.

Rires paroles incohérentes chuchotements
Vrombissements et pétarades

.

Odeurs odeurs fortes à mourir
Poussières et cendres étouffantes
Pollens volants et chats errants

.

Les petites vieilles qu’on torture et qu’on assassine

Dans des chambres fermées

Demeurent secrètes et cachées

Jusqu’à la fin

Sans aucun cri perceptible

Dans la ville noire tonitruante

Foires des nuits orageuses

Garçons et filles se flairent

Dans des touffeurs d’étuve

Trafiquent l’amour et la drogue

Sous le néon strident

Sous la voûte sombre des ruelles

Tandis qu’au ciel sans lune ni soleil

Des devins obscurs leur promettent l’étoile parfaite

Délices et mort confondues en un seul éclair.

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Romancière, poétesse, dramaturge et scénariste ; Anne Hébert est née en 1916 à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier et décédée à Montréal en 2000.

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Bon mardi,

Colette

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Bonne journée !

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Apprenez à répéter le mot Tranquillité. Non seulement il compte parmi les plus harmonieux de notre langue, mais il crée l’état d’esprit correspondant.
Sérénité est un autre mot porteur de guérison. Répétez-le lentement en vous imprégnant de son sens. Les mots de cette nature ont réellement un pouvoir apaisant.

Norman Vincent Peale

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Bon jeudi à chacune et chacun,

Colette

Mardi poésie chez Lady Marianne : thème libre

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LADY MARIANNE

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Sensation

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Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

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Arthur Rimbaud (1854-1891)

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Poète français né à Charleville et mort à Marseille.

Il écrivit ses premiers poèmes à 15 ans.

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Bon mardi,

Colette

Mardi poésie chez Lady Marianne : thème libre

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LADY MARIANNE

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 « Quand à peine un nuage »

Théophile Gautier

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Quand à peine un nuage,
Flocon de laine, nage
Dans les champs du ciel bleu,
Et que la moisson mûre,
Sans vagues ni murmure,
Dort sous le ciel en feu ;

.

Quand les couleuvres souples
Se promènent par couples
Dans les fossés taris ;
Quand les grenouilles vertes,
Par les roseaux couvertes,
Troublent l’air de leurs cris ;

.

Aux fentes des murailles
Quand luisent les écailles
Et les yeux du lézard,
Et que les taupes fouillent
Les prés, où s’agenouillent
Les grands bœufs à l’écart,

.

Qu’il fait bon ne rien faire,
Libre de toute affaire,
Libre de tous soucis,
Et sur la mousse tendre
Nonchalamment s’étendre,
Ou demeurer assis ;

.

Et suivre l’araignée,
De lumière baignée,
Allant au bout d’un fil
À la branche d’un chêne
Nouer la double chaîne
De son réseau subtil,

.

Ou le duvet qui flotte,
Et qu’un souffle ballotte
Comme un grand ouragan,
Et la fourmi qui passe
Dans l’herbe, et se ramasse
Des vivres pour un an,

.

Le papillon frivole,
Qui de fleurs en fleurs vole
Tel qu’un page galant,
Le puceron qui grimpe
À l’odorant olympe
D’un brin d’herbe tremblant ;

.

Et puis s’écouter vivre,
Et feuilleter un livre,
Et rêver au passé
En évoquant les ombres,
Ou riantes ou sombres,
D’un long rêve effacé,

.

Et battre la campagne,
Et bâtir en Espagne
De magiques châteaux,
Créer un nouveau monde
Et jeter à la ronde
Pittoresques coteaux,

.

Vastes amphithéâtres
De montagnes bleuâtres,
Mers aux lames d’azur,
Villes monumentales,
Splendeurs orientales,
Ciel éclatant et pur,

.

Jaillissantes cascades,
Lumineuses arcades
Du palais d’Obéron,
Gigantesques portiques,
Colonnades antiques,
Manoir de vieux baron

.

Avec sa châtelaine,
Qui regarde la plaine
Du sommet des donjons,
Avec son nain difforme,
Son pont-levis énorme,
Ses fossés pleins de joncs,

.

Et sa chapelle grise,
Dont l’hirondelle frise
Au printemps les vitraux,
Ses mille cheminées
De corbeaux couronnées,
Et ses larges créneaux,

.

Et sur les hallebardes
Et les dagues des gardes
Un éclair de soleil,
Et dans la forêt sombre
Lévriers eu grand nombre
Et joyeux appareil,

.

Chevaliers, damoiselles,
Beaux habits, riches selles
Et fringants palefrois,
Varlets qui sur la hanche
Ont un poignard au manche
Taillé comme une croix !

.

Voici le cerf rapide,
Et la meute intrépide !
Hallali, hallali !
Les cors bruyants résonnent,
Les pieds des chevaux tonnent,
Et le cerf affaibli

.

Sort de l’étang qu’il trouble ;
L’ardeur des chiens redouble :
Il chancelle, il s’abat.
Pauvre cerf ! son corps saigne,
La sueur à flots baigne
Son flanc meurtri qui bat ;

.

Son œil plein de sang roule
Une larme, qui coule
Sans toucher ses vainqueurs ;
Ses membres froids s’allongent ;
Et dans son col se plongent
Les couteaux des piqueurs.

.

Et lorsque de ce rêve
Qui jamais ne s’achève
Mon esprit est lassé,
J’écoute de la source
Arrêtée en sa course
Gémir le flot glacé,

.

Gazouiller la fauvette
Et chanter l’alouette
Au milieu d’un ciel pur ;
Puis je m’endors tranquille
Sous l’ondoyant asile
De quelque ombrage obscur.

.

Théophile Gautier, Premières Poésies

CatégoriesThéophile GautierCampagneEtéNature

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Bon mardi,

Colette

Bon dimanche

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Amicalement,

Colette

Détesté / Aimé

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PAR ICI

Chaque dernier samedi du mois (donc ce 29 juin), Renée nous demande de lui parler un peu d’un évènement ou moment que nous avons détesté et aussi de lui parler de ce que nous avons particulièrement aimé.

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Les premiers jours de ce mois, rien de spécial à raconter.

😀 Le 8 juin, je reçois une amie à dîner. Ce fut fort agréable du début à la fin.

😀 Les 14, 15 et 16 juin, nous avons eu un marché aux puces dans une salle de la maison. J’y participe à ma manière les deux premiers jours.

😥 Le 15 juin, c’est le décès d’une de nos compagnes.

😀 J’ai lu le roman : Les sans-papiers de Lawrence Hill.

les sans-papiers

Keita Ali, ce coureur clandestin, se réfugie à Libertude car, menacé de mort au Zotoroland. Il se retrouve dans un pays prospère où les politiciens mènent une chasse sans merci aux sans-papiers. Keita doit se méfier continuellement de ceux qui croisent sa route. Sa sœur est en danger ; il est le seul à pouvoir la sauver. Son but gagner des courses, gagner de l’argent le plus vite possible. Il court pour sa survie et pour elle. Le tout se déroule dans un suspense palpitant ayant pour toile de fond, le portrait d’une société en crise, minée par la corruption et divisée sur des questions d’immigration et d’exclusion. Avec ce roman, l’auteur s’intéresse au sort de migrants venus des pays pauvres chercher asile dans les pays riches. En 2016, la version anglaise de ce roman remportait le « Canada Reads ». Une adaptation télévisuelle de ce roman est également en cours. C’est la première fois qu’un auteur remporte deux fois ce prix car en 2009, Aminata, ce grand roman sur l’esclavage gagnait également le « Canada Reads » et le « Combat des livres 2013 » de Radio-Canada. Aminata a fait l’objet d’une adaptation pour la télévision et a valu plusieurs prix littéraires à l’auteur, dont le Commonwealth Writers’ Prize, et, en 2015, le Prix Pierre-Breton, Prix du Gouverneur général du Canada. Il figure parmi les 100 incontournables de Radio-Canada.

😀 Du 16 au 22 juin inclus, ce fut pour moi un temps de vacances à mon oasis de paix. Une bonne, belle et excellente semaine dans le repos, la détente, la fraîcheur et la beauté de la nature. Quoi demander de mieux.

😥 Le 21 juin au matin cependant, nous revenons à la maison pour les funérailles de notre compagne décédée précédemment. Nous y retournons après le repas du midi.

😀 Petit bonheur au départ pour venir, un mignon petit chat gris portant un joli collier, sorti de je ne sais d’où vient me faire un gentil coucou 😀

😀 Voici quelques photos de cette semaine de vacances :

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😀 Et pour terminer quelques photos sur notre terrain :

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Bonne fin de semaine,

Colette

Mardi poésie chez Lady Marianne : thème libre

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LADY MARIANNE

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Nuits de juin

Victor Hugo

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L’été, lorsque le jour a fui, de fleurs couverte
La plaine verse au loin un parfum enivrant ;
Les yeux fermés, l’oreille aux rumeurs entrouverte,
On ne dort qu’à demi d’un sommeil transparent …

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Les astres sont plus purs, l’ombre paraît meilleure ;
Un vague demi-jour teint le dôme éternel ;
Et l’aube douce et pâle, en attendant son heure,
Semble toute la nuit errer au bas du ciel.

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Victor Hugo, Les rayons et les ombres

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Bon mardi,

Colette

Mardi poésie chez Lady Marianne : La lumière

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LADY MARIANNE

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LA LUMIÈRE : thème proposé par moi-même.

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Anatole FRANCE
1844 – 1924

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A la lumière

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Dans l’essaim nébuleux des constellations,
Ô toi qui naquis la première,
Ô nourrice des fleurs et des fruits, ô Lumière,
Blanche mère des visions,
.
Tu nous viens du soleil à travers les doux voiles
Des vapeurs flottantes dans l’air :
La vie alors s’anime et, sous ton frisson clair,
Sourit, ô fille des étoiles !
.
Salut ! car avant toi les choses n’étaient pas.
Salut ! douce ; salut ! puissante.
Salut ! de mes regards conductrice innocente
Et conseillère de mes pas.
.
Par toi sont les couleurs et les formes divines,
Par toi, tout ce que nous aimons.
Tu fais briller la neige à la cime des monts,
Tu charmes le bord des ravines.
.
Tu fais sous le ciel bleu fleurir les colibris
Dans les parfums et la rosée ;
Et la grâce décente avec toi s’est posée
Sur les choses que tu chéris.
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Le matin est joyeux de tes bonnes caresses ;
Tu donnes aux nuits la douceur,
Aux bois l’ombre mouvante et la molle épaisseur
Que cherchent les jeunes tendresses.
.
Par toi la mer profonde a de vivantes fleurs
Et de blonds nageurs que tu dores.
Au ciel humide encore et pur, tes météores
Prêtent l’éclat des sept couleurs.
.
Lumière, c’est par toi que les femmes sont belles
Sous ton vêtement glorieux ;
Et tes chères clartés, en passant par leurs yeux,
Versent des délices nouvelles.
.
Leurs oreilles te font un trône oriental
Où tu brilles dans une gemme,
Et partout où tu luis, tu restes, toi que j’aime,
Vierge comme en ton jour natal.
.
Sois ma force, ô Lumière ! et puissent mes pensées,
Belles et simples comme toi,
Dans la grâce et la paix, dérouler sous ta foi
Leurs formes toujours cadencées !
.
Donne à mes yeux heureux de voir longtemps encor,
En une volupté sereine,
La Beauté se dressant marcher comme une reine
Sous ta chaste couronne d’or.
.
Et, lorsque dans son sein la Nature des choses
Formera mes destins futurs,
Reviens baigner, reviens nourrir de tes flots purs
Mes nouvelles métamorphoses.

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 Voir ici :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Anatole_France

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Bon mardi,

Colette

Mardi poésie cnez Lady Marianne, thème : Jardin N°2

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LADY MARIANNE

JARDIN, thème proposé par Covix

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Émile VERHAEREN
1855 – 1916

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Le beau jardin fleuri de flammes

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Le beau jardin fleuri de flammes
Qui nous semblait le double ou le miroir
Du jardin clair que nous portions dans l’âme
Se cristallise en gel et or, ce soir.
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Un grand silence blanc est descendu s’asseoir
Là-bas, aux horizons de marbre,
Vers où s’en vont, par défilé, les arbres
Avec leur ombre immense et bleue
Et régulière, à côté d’eux.
.
Aucun souffle de vent, aucune haleine.
Les grands voiles du froid
Se déplient seuls, de plaine en plaine,
Sur des marais d’argent ou des routes en croix.
.
Les étoiles paraissent vivre.
Comme l’acier, brille le givre,
A travers l’air translucide et glacé.
De clairs métaux pulvérisés
A l’infini semblent neiger
De la pâleur d’une lune de cuivre.
Tout est scintillement dans l’immobilité.
.
Et c’est l’heure divine, où l’esprit est hanté
Par ces mille regards que projette sur terre,
Vers les hasards de l’humaine misère,
La bonne et pure et inchangeable éternité.

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Émile Verhaeren est un poète belge flamand d’expression française. Il rencontra le succès au milieu des années 1890 ; ses poèmes furent traduits dans le monde entier.

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Bon mardi,

Colette

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Imagecitation

C’EST ICI

Choisir une de nos photos et y apposer une citation qui lui convient. Y ajouter un texte si on le désire.

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Voici donc ma participation avec ces citations :

Imagecitation 44_N°2

Pour l’amour d’une rose,

le jardinier devient l’esclave de mille épines.

Proverbe turc

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L’endroit d’où vous venez n’a aucune importance.

Tout ce qui importe est où vous allez.

Brian Tracy

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Chaque homme doit inventer son chemin.

Jean-Paul Sartre

L’extraordinaire se trouve sur le chemin des gens ordinaires.

Paulo Coelho

Imagecitation 44_N°2_4

Le reflet est pour les couleurs ce que l’écho

est pour les sons.

Joseph Joubert

Imagecitation 44_N°2_5

Une fleur ne peut pas s’épanouir sans soleil,

et un homme ne peut pas vivre sans amour.

Max Muller

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Amicalement,

Colette

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