Mardi poésie chez Lady Marianne : La rue

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LADY MARIANNE

La rue, thème proposé par : Covix

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Couplet de la rue de Bagnolet

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Robert DESNOS (1900-1945)

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Recueil : « État de veille »

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Le soleil de la rue de Bagnolet
N’est pas un soleil comme les autres.
Il se baigne dans le ruisseau,
Il se coiffe avec un seau,
Tout comme les autres,
Mais, quand il caresse mes épaules,
C’est bien lui et pas un autre,
Le soleil de la rue Bagnolet
Qui conduit son cabriolet
Ailleurs qu’aux portes des palais,
Soleil, soleil ni beau ni laid,
Soleil tout drôle et tout content,
Soleil de la rue de Bagnolet,
Soleil d’hiver et de printemps,
Soleil de la rue de Bagnolet,
Pas comme les autres.

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1942

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Bon mardi !

Colette

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Mardi poésie chez Lady Marianne : l’été

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LADY MARIANNE

L’été, thème proposé par : Mamykool

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Soir d’été de Maurice Carême (1899-1978)

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Si vous tendez un peu l’oreille

Quand le soleil

A fait flamboyer le jardin

et que son dernier rayon dore encore

Au seuil du soir,

votre arrosoir.

Écoutez bien :

Vous entendrez tout doux, tout doux.

Dans tous les coins, 

ivres d’odeurs,

Vous entendrez, à petits coups

Dans tous les coins, boire les fleurs.

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Maurice Carême  

Mardi poésie chez Lady Marianne_l'été

Bon mardi !

Colette

 

Pour ce jeudi 7 juin : L’abandon

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ICI

À la barre :

ASFREE

Thème de notre choix, pour ce jeudi.

Titre : L’abandon.

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Poète : Louise Colet (1810-1876).

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Recueil : Fleurs du midi (1836).

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Vous en souvenez-vous de ces heures passées
L’une à côté de l’autre, où toutes nos pensées
Sans crainte, sans soupçon, s’échangeaient entre nous ?
L’amitié, disions-nous, est une douce chose ;
Heureux qui trouve un cœur où son cœur se repose !…
Vous en souvenez-vous ?
.
Nous parlions de vertu, d’amour, de poésie,
De tout ce qui fait l’âme, et dont l’âme est saisie :
J’aimais à prolonger ces entretiens si doux ;
Et souvent près de vous attentive, inclinée,
Je vis passer ainsi la rapide journée…
Vous en souvenez-vous ?
.
Oui, j’avais mis en vous toute ma confiance ;
A l’œil désenchanté de votre expérience
Je dévoilais les vœux dont mon cœur fut jaloux ;
Par l’ardeur de ma foi je vous forçais à croire
A mes rêves d’amour, à mes rêves de gloire…
Vous en souvenez-vous ?
.
Et quand vint ma douleur, profonde, déchirante.
Je vous dis en pleurant que ma mère mourante
Pour appui m’indiquait votre cœur entre tous ;
Je vous dis que mon âme ardente restant vide,
Il lui fallait l’amour dont elle était avide…
Vous en souvenez-vous ?
.
Eh bien ! quand cet amour vint s’offrir à ma vie ;
Lorsque je l’acceptais, orgueilleuse et ravie ;
Quand je remerciais le ciel de ce bienfait…
Vous, vous m’abandonniez ! Votre amitié parjure
Jetait à mon bonheur le dédain et l’injure ;
Que vous avais-je fait ?
.
De celui qui m’aimait votre langue méchante
A voulu m’arracher la tendresse touchante ;
Inspirant le soupçon à son cœur satisfait
Par les faux arguments d’une morale altière,
Vous l’avez torturé durant une heure entière :
Que vous avais-je fait ?
.
Que vous avais-je fait pour profaner mon âme ?
Vous savez qu’elle est pure, et vous osez, madame,
Traiter un chaste amour comme on traite un forfait ;
Si vous avez souffert, si vous fûtes trahie,
Est-ce ma faute, à moi ?… Quand vous m’avez haïe,
Que vous avais-je fait ?
.
Dieu nous juge ; et peut-être un jour rendrez-vous compte
De cette inimitié si cruelle et si prompte ;
Votre haine sans cause est aussi sans effet ;
Je suis heureuse et calme, et mon cœur vous pardonne ;
Mais, je ne voudrais pas avoir fait à personne
Ce que vous m’avez fait ?

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Louise Colet.

Bon jeudi

à

chacune et chacun !

Colette

Mardi poésie chez Lady Marianne : la pluie

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LADY MARIANNE

La foudre – l’orage

ou

la météo – LA PLUIE

thème proposé par : Josse

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Pluie

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René-François Sully Prudhomme (1839-1907)

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Il pleut. J’entends le bruit égal des eaux ;
Le feuillage, humble et que nul vent ne berce,
Se penche et brille en pleurant sous l’averse ;
Le deuil de l’air afflige les oiseaux.

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La bourbe monte et trouble la fontaine,
Et le sentier montre à nu ses cailloux.
Le sable fume, embaume et devient roux ;
L’onde à grands flots le sillonne et l’entraîne.

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Tout l’horizon n’est qu’un blême rideau ;
La vitre tinte et ruisselle de gouttes ;
Sur le pavé sonore et bleu des routes
Il saute et luit des étincelles d’eau.

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Le long d’un mur, un chien morne à leur piste,
Trottent, mouillés, de grands boeufs en retard ;
La terre est boue et le ciel est brouillard ;
L’homme s’ennuie : oh ! que la pluie est triste !

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René-François Sully Prudhomme, Stances et poèmes

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Bon mardi

à

toutes et tous !

Colette

 

Mardi poésie chez Lady Marianne : Tristesse

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LADY MARIANNE

Tristesse, thème proposé par :

Violette Dame Mauve

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La maison solitaire

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Nérée Beauchemin (1850-1931)

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Seule, en un coin de terre où plane la tristesse
Et le mélancolique et vague ennui des soirs,
La vieille maison blanche, aux grands contrevents noirs,
Pleure-t-elle ses gens, son hôte, son hôtesse ?

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Avec sa porte close et ses carreaux en deuil
Qui ne semblent, au loin, qu’un vaporeux décalque,
La maison blanche et noire a l’air d’un catafalque
Érigé sur le vide et la nuit d’un cercueil.

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À la croix des pignons tachés d’ocre et de suie,
Comme un crêpe fané, la mousse vole au vent,
Et l’on dirait, parfois, qu’il tombe de l’auvent
Une neige de cendre et des larmes de pluie.

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Trois générations ont peiné dans ce lieu :
Trois générations de laboureurs de terre
Ont vécu longuement le rêve solitaire,
Qui commence à l’autel et finit devant Dieu.

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Tout semble mort… Soudain, la vitre qui brasille
S’ouvre, et, tel qu’au matin, brille un coquelicot,
Une face vermeille apparaît, et l’écho
Éparpille un fredon d’enfant qui s’égosille.

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Rouge d’orgueil, le fier petit gars d’habitant,
Que le ber ancestral a couvé dans la paille,
Du jeu d’un gosier d’or, éblouit la marmaille
Et fait taire le merle et le coq éclatant.

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Et la vieille maison, tant de fois attristée
Par le glas et l’adieu des funèbres convois,
Reprend jeunesse et vie au seul son de la voix
Qui conjure l’ennui, dont son âme est hantée.

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Le vieil âge n’est plus. Voici le jeune temps :
L’aurore entre malgré la fenêtre morose ;
La chambre se plafonne et se meuble de rose ;
La maison recommence à vivre ses vingt ans.

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Et le chef du travail, dehors à coeur d’année,
Bénit l’horizon clair et le soleil levant,
Le nuage et l’oiseau, la rosée et le vent,
Qui lui promettent tous une belle journée.

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Nérée Beauchemin

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CatégoriesNérée BeaucheminNostalgieSolitude

 

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Bon mardi !

Colette

Détesté / Aimé

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PAR ICI

Chaque dernier samedi du mois (donc ce 26 mai), Renée nous demande de lui parler un peu d’un évènement ou moment que nous avons détesté et aussi de lui parler de ce que nous avons particulièrement aimé.

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DÉTESTÉ

(moins aimé)

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  • 1er mai : Dû aux changements climatiques, les crues historiques qui défigurent le territoire québécois et inondent les maisons depuis deux ans sont le début de catastrophes naturelles qui prendront de l’ampleur et s’accentueront au cours des prochaines années.

  • 6 mai : Malgré le printemps froid et tardif, la maladie de Lyme fait déjà des victimes au Québec. Cette maladie, qui s’attrape par la morsure d’une tique, peut avoir des conséquences très graves si elle n’est pas soignée rapidement.

  • 7 mai : Selon une nouvelle étude, les québécois ont plus de contaminants, comme le plomb, dans le sang et l’urine que le reste des Canadiens.

  • 8 mai : La Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) a annoncé une hausse de 63% des décès de jeunes sur les routes du Québec en 2017, une statistique préoccupante pour l’organisme et le ministre des Transports.

  • 12 mai : La FTQ-Construction dénonce les retards pour livrer les programmes de prévention en santé et sécurité sur les grands chantiers du Québec.

  • 13 mai : Le nombre de drones interceptés au-dessus des centres de détention du Québec a bondi de 4500% en quatre ans en raison de la facilité grandissante d’accéder à cette technologie.

  • 25 mai : L’on prévoit une fin de semaine sous la grisaille. Après un temps frais, les températures vont enfin remonter, dès ce vendredi, avec un ressenti jusqu’à 30°C pour le sud. La fin de semaine devrait être plutôt grise avec de légères averses sur l’ensemble de la province.

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AIMÉ

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  • 8 mai : Millions de descendants, plus de 9% du patrimoine génétique des québécois découleraient directement des Filles du roi arrivées ici il y a 355 ans.

  • 13 mai : Dimanche cinéma pour moi, La Bolduc – Film de François Bouvier écrit par Frédéric Ouellet. Ce film nous replonge dans la vie de Mary Travers Bolduc (1895-1941) l’une des icônes qui a marqué l’histoire collective québécoise. Avec en arrière-plan la crise des années 20-30 et les premiers élans de la lutte pour les droits de la femme, le scénario relate la carrière fulgurante de Mary Travers Bolduc, son mariage difficile et sa relation touchante avec sa fille aînée, Denise, qui jouait du piano sur les disques de sa mère et rêvait de devenir actrice à Hollywood. C’est Debbie Lynch-White qui incarne cette figure légendaire. Elle relève ce défi haut la main. Elle est totalement investie par le personnage, autant dans les scènes dramatiques que dans les numéros musicaux et les moments où La Bolduc transmet sa joie de vivre et sa bonne humeur contagieuse. Même si la réussite du film repose en grande partie sur le jeu de Debbie Lynch-White, le reste de la distribution s’avère aussi convaincant. Émile Proulx-Cloutier est touchant dans la peau du mari de la Bolduc qui est complètement dépassé (humilié) par le succès et la réussite de sa femme.

    gala-homard

  • 23 mai : Miam ! Miam ! C’est la 9e édition du souper homard de la fondation Signes d’Espoir. Cela a lieu au Terminal du Port de Québec. La Fondation Signes d’Espoir remet l’ensemble des fonds amassés à Signes d’Espoir (lieu où j’ai travaillé 13 ans, de 1993-2006), le seul organisme au Québec pour personnes sourdes avec un handicap associé. 17 h 30 à 18 h 30 : Cocktail de bienvenue et allocutions ; 19 h 00 : Début du souper : une déclinaison de homard sous toutes ses formes ; Cocktail, le repas risotto-homard et vin tous à volonté ; en tout temps : animations thématiques, cinéma muet et encan silencieux ; 22 h 00 : Fin de la soirée.

  • 23 mai également : L’espérance de vie est restée stable au Québec en 2017, a annoncé l’institut de la Statistique du Québec (ISQ). L’espérance de vie est de 80.6 ans pour les hommes et de 84.5 pour les femmes de la province.

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Bon et beau week-end

à

chacune et chacun !

Colette

 

Mardi poésie chez Lady Marianne : Les marins-la mer

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LADY MARIANNE

Les marins-la mer, thème proposé par :

Monica de Normandie

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Titre : La mer

Poète : René-François Sully Prudhomme (1839-1907

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Recueil : Les solitudes (1869).

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La mer pousse une vaste plainte,
Se tord et se roule avec bruit,
Ainsi qu’une géante enceinte
Qui des grandes douleurs atteinte,
Ne pourrait pas donner son fruit ;

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Et sa pleine rondeur se lève
Et s’abaisse avec désespoir.
Mais elle a des heures de trêve :
Alors sous l’azur elle rêve,
Calme et lisse comme un miroir.

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Ses pieds caressent les empires,
Ses mains soutiennent les vaisseaux,
Elle rit aux moindres zéphires,
Et les cordages sont des lyres,
Et les hunes sont des berceaux.

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Elle dit au marin : « Pardonne
Si mon tourment te fait mourir ;
Hélas ! Je sens que je suis bonne,
Mais je souffre et ne vois personne
D’assez fort pour me secourir ! »

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Puis elle s’enfle encore, se creuse
Et gémit dans sa profondeur ;
Telle, en sa force douloureuse,
Une grande âme malheureuse
Qu’isole sa propre grandeur !

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René-François Sully Prudhomme.

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Bon mardi !

Colette

Pour ce jeudi 17 mai : l’infini

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ICI

À la barre :

GISÈLE

Titre : Blotti comme un oiseau

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Poète : Albert Samain (1858-1900)

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Recueil : Le chariot d’or (1900).

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Blotti comme un oiseau frileux au fond du nid,
Les yeux sur ton profil, je songe à l’infini…

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Immobile sur les coussins brodés, j’évoque
L’enchantement ancien, la radieuse époque,
Et les rêves au ciel de tes yeux verts baignés !

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Et je revis, parmi les objets imprégnés
De ton parfum intime et cher, l’ancienne année
Celle qui flotte encore dans ta robe fanée…

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Je t’aime ingénument. Je t’aime pour te voir.
Ta voix me sonne au cœur comme un chant dans le soir.
Et penché sur ton cou, doux comme les calices,
J’épuise goutte à goutte, en amères délices,
Pendant que mon soleil décroît à l’horizon
Le charme douloureux de l’arrière-saison.

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Albert Samain.

Bon jeudi

à

toutes et tous !

Colette

Mardi poésie chez Lady Marianne : La vie

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LADY MARIANNE

La vie, thème proposé par Zaza

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Titre : La vie profonde

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Poète : Anna de Noailles (1876-1933)

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Recueil : Le cœur innombrable (1901).

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Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain,
Étendre ses désirs comme un profond feuillage,
Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage,
La sève universelle affluer dans ses mains.

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Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,
Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,
Et goûter chaudement la joie et la douleur
Qui font une buée humaine dans l’espace.

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Sentir, dans son cœur vif, l’air, le feu et le sang
Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre ;
— S’élever au réel et pencher au mystère,
Être le jour qui monte et l’ombre qui descend.

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Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise,
Laisser du cœur vermeil couler la flamme et l’eau,
Et comme l’aube claire appuyée au coteau
Avoir l’âme qui rêve, au bord du monde assise…

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Anna de Noailles.

Bon mardi !

Colette

Pour ce jeudi 10 mai : le fantastique

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À la barre :

GISÈLE

Victor HUGO (1802-1885)

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Recueil : Les contemplations

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Un jour je vis, debout au bord des flots mouvants

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Un jour je vis, debout au bord des flots mouvants,
Passer, gonflant ses voiles,
Un rapide navire enveloppé de vents,
De vagues et d’étoiles ;
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Et j’entendis, penché sur l’abîme des cieux,
Que l’autre abîme touche,
Me parler à l’oreille une voix dont mes yeux
Ne voyaient pas la bouche :
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« Poëte, tu fais bien ! Poëte au triste front,
Tu rêves près des ondes,
Et tu tires des mers bien des choses qui sont
Sous les vagues profondes !
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La mer, c’est le Seigneur, que, misère ou bonheur,
Tout destin montre et nomme ;
Le vent, c’est le Seigneur ; l’astre, c’est le Seigneur ;
Le navire, c’est l’homme. »

Bon jeudi

à

toutes et tous !

Colette

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