Mardi poésie chez Lady Marianne, thème : Les animaux

BILLET PROGRAMMÉ

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LADY MARIANNE

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LES ANIMAUX, thème proposé par Lady Marianne

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Titre : Les chats

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Poète : Charles Baudelaire (1821-1867)

Recueil : Les fleurs du mal (1857).

Sonnet.

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Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

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Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres ;
L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

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Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;

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Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques,
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

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Charles Baudelaire.

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Bon mardi,

Colette

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Le résultat du jeu de nos lettres de la Saint-Valentin : ma lettre était celle-ci …

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ICI

À toi mon Roméo,

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À quelques heures de la Saint-Valentin, voilà mon petit clin d’œil, cher trognon de velours ; mon gentil hibou adoré. Ton hululement des derniers jours réveille mon ardente curiosité. Toujours à temps, jamais en retard, je n’ai pas perdu mon temps à réfléchir, sachant à l’avance que je ne perdrais rien à attendre tes petites surprises sucrées. Sucettes fondantes, bonbons assortis, tout pour le plaisir du palais.

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Avec toute ma gratitude pour tant de générosité ; ce que j’ai de meilleur, je te le donne de bon cœur. Reçois donc de mes mains ce petit pet de nonne. Elle n’est pas belle la vie, non !

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Ta Juliette qui est bien chouette

♥♥♥

Avec les mots :

Sucette, chaussettes, velours, cheveux,

clin d’oeil, toujours, gratitude, vie, nonne, ardent(e), plaisir,

surprise, attendre, retard, réfléchir, bonbons.

(nous pouvions en laisser 2 de côté).

Gif du net

La gagnante : Fanfan

En deuxième : Martine (Quai des rimes)

et

Luciole83

En troisième : Jazzy57 (Gisèle)

Toutes mes plus sincères félicitations à elles

et

bravo à toutes les participantes !

Sincèrement et de tout

Colette

 

Mardi poésie chez Lady Marianne : La musique

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LADY MARIANNE

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LA MUSIQUE, thème proposé par Mamykool

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Titre : Un peu de musique

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Poète : Germain Nouveau (1851-1920)

Recueil : Premiers vers (1872-1878).

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Sonnet.
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Une musique amoureuse
Sous les doigts d’un guitariste
S’est éveillée, un peu triste,
Avec la brise peureuse ;

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Et sous la feuillée ombreuse
Où le jour mourant résiste,
Tourne, se lasse, et persiste
Une valse langoureuse.

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On sent, dans l’air qui s’effondre,
Son âme en extase fondre ;
— Et parmi la vapeur rose

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De la nuit délicieuse
Monte cette blonde chose,
La lune silencieuse.

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Germain Nouveau.

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Bon mardi,

Colette

Mardi poésie chez Lady Marianne : douleur-bataille

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LADY MARIANNE

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DOULEURBATAILLE, thème proposé par Gazou

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Titre : Douleur

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Poète : Antoine de Latour (1808-1881)

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Recueil : La vie intime (1833).

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Voici le temps passé de cette sombre lutte ;
Vivant, mais épuisé, mais meurtri par la chute,
A la taille de l’homme enfin redressons-nous !
Si l’avenir nous garde encore quelque disgrâce,
Demeurons invincible à sa froide menace,
Le regardant en face,
Pour attendre ses coups.

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Tenons au fond du cœur toute douleur captive,
Qu’elle y fasse sa plaie ardente, et toujours vive,
Qu’elle saigne au-dedans mais ne se montre pas ;
Si l’on nous cherche au front quelque ride profonde,
Jetons un fier sourire au regard qui nous sonde,
Et soyons pour le monde
Un heureux d’ici-bas.

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Quand le chaume s’embrase on ne voit pas encore
Le feu qui sourdement le broie et le dévore ;
La surface au soleil étincelle et reluit ;
Mais vienne l’ouragan, la flamme alors s’irrite,
L’incendie apparaît, le toit se précipite,
Et tout disparaît vite,
Chaume, lumière et bruit.

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Ainsi de nous, mon âme ! ainsi de notre vie !…
Chaume vivant, en proie au muet incendie,
Quand tout n’est plus que cendre, arrive l’aquilon !
Qu’en nous voyant tomber sans plainte et sans murmure,
Le vulgaire s’écrie : Où donc est la blessure ?
Point de sang à l’armure ;
Douleur, n’es-tu qu’un nom ?

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Antoine de Latour.

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Bon mardi,

Colette

 

Mardi poésie chez Lady Marianne : L’ivresse

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LADY MARIANNE

L’IVRESSE, thème proposé par moi-même

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Un matin

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Emile Verhaeren

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Dès le matin, par mes grand’routes coutumières
Qui traversent champs et vergers,
Je suis parti clair et léger,
Le corps enveloppé de vent et de lumière.

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Je vais, je ne sais où. Je vais, je suis heureux ;
C’est fête et joie en ma poitrine ;
Que m’importent droits et doctrines,
Le caillou sonne et luit sous mes talons poudreux ;

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Je marche avec l’orgueil d’aimer l’air et la terre,
D’être immense et d’être fou
Et de mêler le monde et tout
A cet enivrement de vie élémentaire.

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Oh ! les pas voyageurs et clairs des anciens dieux !
Je m’enfouis dans l’herbe sombre
Où les chênes versent leurs ombres
Et je baise les fleurs sur leurs bouches de feu.

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Les bras fluides et doux des rivières m’accueillent ;
Je me repose et je repars,
Avec mon guide : le hasard,
Par des sentiers sous bois dont je mâche les feuilles.

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Il me semble jusqu’à ce jour n’avoir vécu
Que pour mourir et non pour vivre :
Oh ! quels tombeaux creusent les livres
Et que de fronts armés y descendent vaincus !

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Dites, est-il vrai qu’hier il existât des choses,
Et que des yeux quotidiens
Aient regardé, avant les miens,
Se pavoiser les fruits et s’exalter les roses !

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Pour la première fois, je vois les vents vermeils
Briller dans la mer des branchages,
Mon âme humaine n’a point d’âge ;
Tout est jeune, tout est nouveau sous le soleil.

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J’aime mes yeux, mes bras, mes mains, ma chair, mon torse
Et mes cheveux amples et blonds
Et je voudrais, par mes poumons,
Boire l’espace entier pour en gonfler ma force.

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Oh ! ces marches à travers bois, plaines, fossés,
Où l’être chante et pleure et crie
Et se dépense avec furie
Et s’enivre de soi ainsi qu’un insensé !

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Emile Verhaeren, Les forces tumultueuses

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CatégoriesEmile VerhaerenIvresseNatureVoyage

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Emile Verhaeren est un poète belge flamand

d’expression française

née à Anvers en 1875 et mort à Rouen en 1916.

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Bon mardi,

Colette

Pour ce lundi 28 janvier : Qui suis-je ?

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ICI

À la barre :

ABC

Elle nous dit : Écrivez une phrase qui parle de vous, sans vous décrire, mais à travers laquelle, ceux qui vous connaissent, à coup sûr vous reconnaîtront, (pas de nom, pas d’âge, pas de lieu d’habitation …)

≅ 

« Blogueuse aux couleurs pastelles du printemps, aimant la vie ; je la croque à pleines dents »

Mais, pourquoi donc ai-je écris cela ?

À quoi cela correspond-il pour moi ?

À vous d’y répondre. Très facile ! Lanchez-vous !

Bonne semaine

à

toutes et tous !

Colette

Détesté / Aimé

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PAR ICI

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Chaque dernier samedi du mois (donc ce 26 janvier), Renée nous demande de lui parler un peu d’un évènement ou moment que nous avons détesté et aussi de lui parler de ce que nous avons particulièrement aimé.

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1er et 6 janvier : 😀 Pour nous ici, se poursuit le temps des fêtes. Ce fut donc deux agréables soirées de rencontres amicales. Divertissements, cadeaux pour le jour de l’Épiphanie et goûter fraternel.

7 janvier : Reprise de la vie normale ; retour à notre quotidien.

9 janvier : 😥 Tempête hivernale dans l’Est du Québec apportant entre 20 et 50 centimètres de neige sur plusieurs régions.

 😀 Cette tempête sera suivie d’une fin de semaine ensoleillée mais froide sur l’ensemble du Québec.

16 janvier : 😥 On nous annonce qu’un froid polaire va traverser le Québec et ce sous la barre des -20°C.

😀 Ce même jour, pour marquer le 25e anniversaire de La Clarté Dieu (art et spiritualité) à 19 h 30, nous avons le plaisir de recevoir Robert Lebel dans l’une des salles de notre maison. Il a pour thème : Laisse-moi te raconter. En 1994, il fut un des premiers artistes à se produire dans le cadre de leurs activités. À l’occasion de ce nouveau passage, il nous fait part de son riche parcours d’artiste et de prêtre.

18 janvier : 😥 Ce froid intense qui a sévi a fait déborder quelques refuges venant en aide aux personnes en situation d’itinérance.

20 janvier : 😀 On nous annonce que le Bonhomme Carnaval peut dormir sur ses deux oreilles : sa nouvelle demeure sera prête à temps.

😥 Ce même jour, les québécois qui n’ont pas besoin de sortir sont priés de rester à la maison. Fermeture de routes, visibilité réduite à nulle, traversiers paralysés, vols annulés : la tempête hivernale a frappé fort dans la région de Québec. Du jamais vu en près de 100 ans. Il faut remonter en 1920 pour voir autant d’accumulation de neige par une journée aussi froide que celle de ce dimanche. Notre Oratoire presque vide, contrairement à son habitude, lors de la messe télévisée de Radio-Canada.

21 janvier : 😥 Un important dégât d’eau à l’hôtel de ville dont le coût est évalué à plusieurs centaines de milliers de dollars.

24 janvier : 😥 La chaussée et les trottoirs sont très glissants en raison de la pluie verglaçante à Québec et à Lévis.

25 janvier : 😀 Au moment où j’écris ces lignes, il neige à plein ciel.

27 janvier : 😀 Je ferai les prières universelles à la messe télévisée de Radio-Canada.

Quelques photos de ce mois :

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Bonne fin de semaine,

Colette

 

Mardi poésie chez Lady Marianne : La campagne

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LADY MARIANNE

LA CAMPAGNE, thème proposé par Tortue

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La Glaneuse

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Nérée Beauchemin (1850-1931)

Écrivain et médecin québécois

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Dans l’encadrement clair de la grand’porte ouverte,
Que le géranium tout odorant fleurit
De son aigrette rouge et de sa feuille verte,
La glaneuse robuste apparaît, et sourit.

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Debout, le buste droit, la poitrine gonflée
Du souffle que dilate et rythme le travail,
Elle attend, tout de toile et de laine habillée,
Le départ pour les champs des gens et du bétail.

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Et la cour de la ferme et la longue rangée
Des bâtiments, fenils et granges, ont frémi,
Aux rustiques rumeurs dont la brise est chargée,
Par un matin joyeux d’avoir longtemps dormi.

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Bonjour à toi, bonjour, à la fois semblent dire
Les blés dont la rosée achève le roui;
Et les herbes des prés que le vent fait bruire
Semblent balbutier un poème inouï.

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À toi, tout le cristal dont mon eau se fait gloire,
Dit le puits. C’est pour toi, c’est pour ton riche amour,
Ô reine des moissons, que j’offre et donne à boire,
À ton homme, à ta fille, à tes fils, tout le jour.

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Mais voici que soudain, frappant toutes les choses
Et les êtres qu’enchaîne encore le sommeil,
Gloire à toi, dit l’Aurore : à toi, toutes mes roses!
Femme, à toi, tout mon or, répond le grand Soleil.

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Nérée Beauchemin, Patrie Intime

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CatégoriesNérée BeaucheminCampagneNatureTravail

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Bon mardi,

Colette

Mardi poésie chez Lady Marianne : Le soleil

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LADY MARIANNE

LE SOLEIL, thème proposé par Covix

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Edmond ROSTAND
1868 – 1918

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Hymne au soleil

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Je t’adore, Soleil ! ô toi dont la lumière,
Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel,
Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière,
Se divise et demeure entière
Ainsi que l’amour maternel !
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Je te chante, et tu peux m’accepter pour ton prêtre,
Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu
Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître,
L’humble vitre d’une fenêtre
Pour lancer ton dernier adieu !
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Tu fais tourner les tournesols du presbytère,
Luire le frère d’or que j’ai sur le clocher,
Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère,
Tu fais bouger des ronds par terre
Si beaux qu’on n’ose plus marcher !
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Gloire à toi sur les prés! Gloire à toi dans les vignes !
Sois béni parmi l’herbe et contre les portails !
Dans les yeux des lézards et sur l’aile des cygnes !
Ô toi qui fais les grandes lignes
Et qui fais les petits détails!
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C’est toi qui, découpant la soeur jumelle et sombre
Qui se couche et s’allonge au pied de ce qui luit,
De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre,
A chaque objet donnant une ombre
Souvent plus charmante que lui !
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Je t’adore, Soleil ! Tu mets dans l’air des roses,
Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson !
Tu prends un arbre obscur et tu l’apothéoses !
Ô Soleil ! toi sans qui les choses
Ne seraient que ce qu’elles sont !

EDMOND ROSTAND

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Bon mardi,

Colette

Mardi poésie chez Lady Marianne : Froid-givre-neige

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LADY MARIANNE

FROIDGIVRENEIGE, thème proposé par

Martine (Tortue)

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Soir d’hiver

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Emile Nelligan

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Ah ! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé !
Qu’est-ce que le spasme de vivre
À la douleur que j’ai, que j’ai !

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Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire : Où vis-je ? Où vais-je ?
Tous ses espoirs gisent gelés :
Je suis la nouvelle Norvège
D’où les blonds ciels s’en sont allés.

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Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.

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Ah ! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé !
Qu’est-ce que le spasme de vivre
À tout l’ennui que j’ai, que j’ai !…

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Emile Nelligan
Œuvres poétiques complètes I : Poésies complètes 1896-1941

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Émile Nelligan est un poète québécois influencé par le mouvement symboliste

ainsi que par les grands romantiques.

Né au Québec à Montréal et mort dans la même ville.

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Bon mardi,

Colette

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colette_chouinard@hotmail.com

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