Pour ce lundi 13 avril : «Improbable dialogue»

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Défi N°235

À la barre :

DOMINIQUE – MES ANTIDOTES

Elle nous propose de faire dialoguer deux personnages connus réels ou fictifs mais, n’ayant pas vécu la même époque.

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Sur un œuvre de Jaume Plensa

« Improbable dialogue »

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– Bonjour grand-père Gustave. Enfin, je vous rencontre ! Mes parents m’ont bien parlé de vous, cependant …

– C’est toi, cher Gabriel ! Moi de même, je suis bien fier de te croiser en ce jour. Paraît-il que vous vivez un temps de pandémie !

– Oui, grand-père et, c’est terrible ; nous sommes tous en confinement.

– Approche un peu, je vais te révéler un secret car t’es bien jeune encore enfin, si je me compare à toi. J’avais à peu près la moitié de ton âge lorsque nous avons vécu la pire épidémie de l’histoire ; la plus meurtrière au 20e siècle.

– Pire que le coronavirus, grand-père ?

– Je ne saurais te dire mon garçon car il y a longtemps déjà que j’ai quitté cette terre mais la grippe «espagnole», elle a emporté en quelques mois entre 50 millions et 100 millions de personnes. Elle a pris tout le monde de court. On ne savait pas du tout quel microbe blâmer et on n’était pas équipé du tout pour y faire face non plus.

– Je vois, c’était différent de ce que nous vivons présentement !

– Tu peux le dire, oui, mon cher ! Nous, on n’a pas eu le temps de compter les malades ; on avait à peine le temps de les enterrer, nos morts. C’est pour cela que dans les années 1920 et suivantes, on a mis en place des mesures comme la pasteurisation du lait et on a fait des efforts pour contrer la mortalité infantile etc. … l’épidémie en question a catalysé notre volonté d’agir.

– Vous vous en êtes sortis, alors, grand-père !

– Oui, mais pas tous, malheureusement ! Les gens tombaient comme des mouches alors que le monde sortait à peine de quatre années de guerre. Le tiers de la population mondiale a été infectée, le taux de mortalité atteignit 50% dans certains pays. Exemple : Des îles du Pacifique aux villages inuits du Nord Canadien, aucune région de la planète ne sera épargnée. Nous savons qu’au début de l’hiver 1918, les premiers cas ont été rapportés dans les fermes isolées du Kansas.

– Grand-père est-ce que c’était comme maintenant ? Je veux dire les personnes âgées étaient les plus à risque !

– Bien non, Gabriel, surprenant mais la moitié des morts étaient des adultes de 20 à 40 ans et que la grippe classique décimait les bébés et il faut le dire aussi les personnes âgées.

– Est-ce que cela a duré longtemps, grand père Gustave ?

– Cela s’est fait en trois vagues. À l’hiver 1919, le virus s’évanouit dans la nature sauf ici, au Québec avec un nouvel assaut  très meurtrier au printemps 1920. Le bilan fut épouvantable, si lourd, qu’au Canada, on a dénombré 50 000 victimes, dont 14 000 au Québec.

– Alors, grand-père, ce n’est pas terminé, si je comprends bien, cette pandémie pour nous !

– Je ne le crois pas mon jeune ! Arme-toi de patience, respecte bien les consignes si bien définies pour vous et, sois confiant. Je veille sur toi et sur vous tous !

– Merci grand-père ! Je serai courageux comme vous !

– Au revoir !

Bonne semaine,

Colette

colette_chouinard@hotmail.com

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