Mardi poésie chez Lady Marianne : Octobre

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LADY MARIANNE

OCTOBRE et ses dérivés, thème proposé par moi-même.

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RAYONS D’OCTOBRE

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Octobre glorieux sourit à la nature.

On dirait que l’été ranime les buissons.

Un vent frais, que l’odeur des bois fanés sature,

Sur l’herbe et sur les eaux fait courir ses frissons.

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Le nuage a semé les horizons moroses,

De ses flocons d’argent. Sur la marge des prés,

Les derniers fruits d’automne, aux reflets verts et roses,

Reluisent à travers les rameaux diaprés.

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Forêt verte qui passe aux tons chauds de l’orange ;

Ruisseaux où tremble un ciel pareil au ciel vernal ;

Monts aux gradins baignés d’une lumière étrange.

Quel tableau ! quel brillant paysage automnal !

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À mi-côte, là-bas, la ferme ensoleillée,

Avec son toit pointu festonné de houblons,

Paraît toute rieuse et comme émerveillée

De ses éteules roux et de ses chaumes blonds.

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Aux rayons dont sa vue oblique est éblouie,

L’aïeul sur le perron familier vient s’asseoir :

D’un regain de chaleur sa chair est réjouie,

Dans l’hiver du vieillard, il fait moins froid, moins noir.

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Calme et doux, soupirant vers un lointain automne,

Il boit la vie avec l’air des champs et des bois,

Et cet étincelant renouveau qui l’étonne

Lui souffle au coeur l’amour des tendres autrefois.

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De ses pieds délicats pressant l’escarpolette,

Un jeune enfant s’enivre au bercement rythmé,

Semblable en gentillesse à la fleur violette

Que l’arbuste balance au tiède vent de mai.

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Près d’un vieux pont de bois écroulé sur la berge,

Une troupe enfantine au rire pur et clair,

Guette, sur les galets qu’un flot dormant submerge,

La sarcelle stridente et preste qui fend l’air.

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Vers les puits dont la mousse a verdi la margelle,

Les lavandières vont avec les moissonneurs ;

Sous ce firmament pâle éclate de plus belle

Le charme printanier des couples ricaneurs.

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Et tandis que bruit leur babillage tendre,

On les voit déroulant la chaîne de métal

Des treuils mouillés, descendre et monter et descendre

La seille d’où ruisselle une onde de cristal.

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Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931)

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Nérée Beauchemin est un poète québécois né la 20 février 1850 à Yamachiche au Québec et décédé le 29 juin 1931 dans sa ville natale.

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Bon mardi

et

bon mois d’octobre,

Colette

colette_chouinard@hotmail.com

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