Mardi poésie chez Lady Marianne : Fleurs-bouquets

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LADY MARIANNE

FLEURSBOUQUETS, thème proposé par Martine (Tortue)

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Mardi poésie chez Lady Marianne, thème_Fleurs-bouquets

Photo : Colettedc

Titre : Fleurs d’hiver

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Poète : Nérée Beauchemin (1850-1931)

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Recueil : Les floraisons matutinales (1897).

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Au poète qui m’applaudit.

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Ton applaudissement, divin poète, inspire
L’humble songeur dont l’âme impétueuse aspire
Au lyrisme infini des cieux.

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Il m’exalte déjà, ce bravo qui m’honore.
Ma strophe bat de l’aile et s’élance, sonore ;
Son vol est plus harmonieux.

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Avais-je quelque droit à ta brillante estime ?
Que t’offrir, en retour de cet accueil intime,
Rival des immortels chanteurs ?
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Des roses ? Les frimas les ont ensevelies ;
Je chercherais en vain leurs corolles pâlies
Et leurs embaumantes senteurs.

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Que dis-je ? j’oubliais que la neige étincelle,
Et que ce ciel, taché de nuages, recèle
La grêle et le givre argentin.
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Le ciel est gris, la terre est froide. Les rafales
Pour longtemps ont éteint les flammes triomphales,
Les pourpres clartés du matin.
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Plus de fleurs à cueillir dans l’herbe des prairies !
Plus de vers à glaner au jardin de féeries
Où la rime éclôt à foison.
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Pareils à ces oiseaux frileux qu’octobre chasse,
Nos rêves ont quitté ce triste azur de glace
Pour le bleu d’un autre horizon.
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Grelottant, dans l’air gris, le soleil de décembre
Se couche, et déjà vient la brune, et, dans ma chambre,
Comme dans un bois, il fait noir.
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Salut, petit soleil des hâtives veillées,
Qui brilles, vague, pâle, aux vitres étoilées,
Poétique lampe du soir !
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À petit bruit, la neige, au dehors, tombe lente,
En légers flocons fins, sous la lune tremblante,
Comme une poudre de cristal.
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Oh ! quelle floconneuse avalanche argentée !
Oh ! parmi ces blancheurs d’aube diamantée
Comme il est beau, le toit natal !
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Te redirai-je à toi le poète, l’artiste,
L’exquise impression, à la fois douce et triste,
Que nous donne le coin du feu ?
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Te dirai-je les doux pensers que nous suggère
Le logis où les fleurs de la verte étagère
Évoquent l’été frais et bleu !
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Oh ! que la chambre est bonne, et qu’il est bon d’y vivre,
Malgré le froid, malgré le vent, malgré le givre,
Dans le calme et l’apaisement !
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Le piano frémit : une voix veloutée
S’élève et sa douceur, dans mon âme hantée,
A réveillé l’amour dormant.
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Là-haut, dans la mansarde, on se meurt de misère ;
Ici, dans les salons, comme dans une serre,
Le bonheur embaume et fleurit.
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La volupté blasphème au fond du bouge infâme.
Au foyer, Dieu descend : la mère en pleurs se pâme
Aux lèvres de l’ange qui rit ;
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Le chapelet aux doigts, l’aïeule s’agenouille.
Et moi, je joins les mains, et mon regard se mouille,
Et je te bénis, ô Dieu bon !
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Par ton charme, ô foyer natal, par ta magie,
L’hiver est sans frissons, sans deuil, sans nostalgie.
Douce maison, douce maison !
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Poète, en attendant que le printemps renaisse,
Et redonne aux forêts leur robe de jeunesse
Et leur éclatant voile vert ;
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En attendant qu’Avril ensoleille et colore
Ces chaudes floraisons qu’un souffle fait éclore,
Reçois ces pâles fleurs d’hiver.

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Nérée Beauchemin.

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Bon mardi,

Colette

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colette_chouinard@hotmail.com

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