C’est le week-end …

C’est le week-end, temps de repos alors, place à la détente …

C’est une mère qui décide d’écrire à ses enfants

Tout d’abord, elle écrit à son fils :

Mon cher fils,

Je prends la plume pour t’écrire au crayon, à cause du chat qui a renversé l’encrier … nous avons eu de la chance, car il n’y avait plus d’encre dedans. Il y a trois semaines que tu es au régiment, tant que tu étais là, on se rendait pas compte de ton absence mais quand tu es parti on sentait bien que tu n’étais plus là. Dimanche, M. le maire a organisé une course aux ânes. C’est dommage que tu n’étais pas là, tu aurais sûrement gagné le premier prix.

Mon cher fils, il y a actuellement une épidémie chez les bêtes à cornes, ton père et ton frère ont été bien malades. … Il y a aussi la maladie des cochons, tâche à bien veiller sur toi … Nous avons tué le gros cochon gras hier, il n’en restera pas d’autres à la maison avant que tu arrives. Ton oncle Arthur s’est pendu la semaine dernière, j’espère qu’il ne recommencera pas. Je t’envoie des chemises faites avec les vieilles de ton père; quand tu les auras usées, renvoie-moi les pour en faire des mouchoirs pour toute la famille.

Si tes chaussettes sont troués envoie-moi les trous, ta soeur et moi nous essayrons de les racommoder.

Je te dirai que ton frère se marie avec une femme que tu connais, celle qui nous a tant fait rire le jour de l’enterrement de ton grand-père.

J’espère que tu es un bon soldat comme celui qui a eu cinq blessures, une à la cuisse, l’autre à Madagascor, l’autre à bout portant, une autre à l’improviste, la cinquième à l’armistice.

Notre chien a eu la queue coupée par un camion, fais bien attention en traversant la rue.

Mon cher fils, je te quitte à présent pour rester avec toi.

Excuse-moi si en t’embrassant, je sens l’ail, il y en avait trop dans la soupe à midi.

Ta mère qui pense à toi chaque fois qu’elle va à l’écurie.

Maman

Ensuite, elle écrit à sa fille :

Ma chère fille,

Je t’écris quelques mots pour que tu saches que je t’écris.

Donc, si tu reçois cette lettre, cela voudra dire qu’elle est bien arrivée.

Sinon, préviens-moi, que je te l’envoie une seconde fois.

Je t’écris lentement, car je sais que tu ne lis pas rapidement.

Dernièrement, ton père a lu une enquête disant que la plupart des accidents se produisent à quelques kilomètres de la maison, c’est pour cela que nous avons décidé de déménager un peu plus loin.

La maison est splendide, il y a une machine à laver, mais j’ignore si elle est en service. Hier j’y ai mis le linge, tiré sur la chaînette, et tout a disparu ! Je cherche le mode d’emploi.

Le temps n’est pas trop désagréable ici, la semaine dernière, il n’a plu que deux fois. La première pendant trois jours, la seconde quatre jours.

Au sujet du manteau que tu désirais, ton oncle Pierre a dit que si je l’expédiais avec les boutons, qui sont lourds, cela coûterait très cher, alors je les ai arrachés et te les ai mis dans une des poches.

Ton père a trouvé du travail. il a sous lui environ 500 personnes … il fauche les herbes du cimetière.

Ta soeur Julie, qui vient de se marier, attend un heureux événement, nous en ignorons le sexe c’est pourquoi je ne peux pas te dire si tu seras tante ou oncle. Si c’est une fille, elle a l’intention de l’appeler comme moi. Cela fait tout drôle d’appeler sa fille « maman » !

Ton frère Jean a eu un gros problème. Il a refermé sa voiture avec les clés à l’intérieur. Il a dû retourner à la maison à pied pour récupérer le second jeu de clés, et revenir nous sortir du véhicile.

Si tu as l’occasion de rencontrer ta cousine Monique, donne-lui le bonjour de ma part. Si tu ne la vois pas, ne lui dis rien.

Maman

PS : je voulais te mettre un peu d’argent dans l’enveloppe, mais je l’ai déjà collée.

Bon samedi, agréable dimanche

et excellent début de semaine à tous et toutes !

 

colette_chouinard@hotmail.com

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